Victor Hugo - Le mot

Jeunes gens, prenez garde aux choses que vous dites !
Tout peut sortir d'un mot qu'en passant vous perdîtes ;
Tout, la haine et le deuil !
Et ne m'objectez pas que vos amis sont sûrs et que
vous parlez bas.

Écoutez bien ceci :
Tête-à-tête, en pantoufle,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l'oreille du plus mystérieux
De vos amis de c½ur ou, si vous aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
Dans le fond d'une cave à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu.
Ce mot - que vous croyez qu'on n'a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre


Court à peine lâché, part, bondit, sort de l'ombre ;
Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;
Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
Au besoin, il prendrait des ailes, comme l'aigle !
Il vous échappe, il fuit, rien ne l'arrêtera ;
Il suit le quai, franchit la place, et caetera
Passe l'eau sans bateau dans la saison des crues,
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l'étage ; il a la clé,
Il monte l'escalier, ouvre la porte, passe,
Entre, arrive, et railleur, regardant l'homme en face,
Dit : " Me voilà ! Je sors de la bouche d'un tel."

Et c'est fait. Vous avez un ennemi mortel
.
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# Posté le mardi 15 janvier 2008 18:39

la marque de l'ange

la marque de l'ange
"Lorsqu'une étoile tombe sur terre pour renaître sous forme humaine et réaliser son grand v½u, on dit qu'un ange l'accompagne et veille sur elle toute sa vie, afin de la protéger et de l'aider à trouver sa voie. Il s'agit de l'ange gardien. A la naissance de l'enfant-étoile, l'ange se penche sur son berceau et lui effleure les lèvres d'un doigt en lui murmurant : "chut". As-tu remarqué ce sillon vertical que chaque être humain porte entre le nez et la lèvre supérieure ? C'est la marque de l'ange, l'endroit précis où son doigt s'est posé. C'est un sceau que nous portons tous aux lèvres, et qui nous interdit de révéler à autrui notre mission sur terre, notre v½u d'étoile. Le "chut" de l'ange est là non pour nous censurer, mais pour protéger notre secret."

Edouard Brasey, Le V½u d'étoile, Le Comptoir, 1996.
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# Posté le vendredi 11 janvier 2008 17:08

Hommage

Hommage
Parcours d'André

André est né le 17 mars 1914 dans une famille pauvre avec une enfance qui n'a sûrement pas été des plus heureuses, des étés passés à travailler, à l'usine, ou à la pêche à pieds pour ramener quelques sous à la maison pour pouvoir manger. Vers 1930, il apprend le métier de boulanger à La Turballe puis à Saint Molf et déjà la maladie le rattrappe. Il est donc obligé de quitter ce métier, car la farine ne lui va pas. Il continue les petits boulots. En 1933, il rentre à l'usine de poissons Goyen. Vers 1939, il est mobilisé pour partir quelques mois au Maroc. Démobolisé, il rentre à la Turballe. André rencontre Fernande, et ils se marient le 3 octobre 1942. Puis en 1945, il devient concierge de l'usine. Après 4années de mariage, le 29 avril 1946, vient au monde leur premier enfant, une petite fille. La vie à l'usine continue jusqu'en 1954, année où l'usine Goyen doit fermer.

André, avec l'assistance de son directeur Monsieur Jules Bernard, Maire de la Turballe réussit à être employé en février au centre marin de Pen-Bron. Il effectue donc deux fois par jour, à vélo, la route Pen-Bron-La Turballe. Il partait de bonne heure, car son travail débutait certains matins à 4h00. Il est arrivé plusieurs fois qu'une chouette lui donne le bonjour sur le chemin. En novembre 1954, après 8mois de trajet à vélo, un logement lui est attribué à Pen Bron. Finie la galère! Le 3 janvier 1955, naît leur deuxième enfant, cette fois, un garçon. Ils ont tout pour être heureux, une fille, un gars, un travail sûr, pour une fois. Mais malheureusement, dans les années 60, plusieurs décès arrivent dans la famille, et comme on dit qu'un malheur n'arrive jamais seul, André cumule maladie sur maladie, arrêt de travail sur arrêt de travail.

André, petit homme très souvent malade, arrive quand même à sa retraite. En 1978, il quitte Pen Bron, et s'installe à la Turballe, rue de Canvel, dans la maison de ses beaux-parents. Et là, toujours avec plus ou moins d'accrocs avec la maladie, le couple arrive à fêter leurs 50 ans de mariage, avec leurs enfants et petits enfants.

Mais le 1er décembre 2003, bien qu'ayant essayé de les maintenir dans leur foyer, les enfants sont contraints de faire leur papa et maman à la maison de retraite de Piriac. André y connaitra joie, bonheur, mais aussi souffrance toujours. Cette fichue chose qu'on appelle la maladie, qui décidément se trouve bien avec lui et même l'accompagnera jusqu'au bout. Mais petit homme à fort tempérament, soupe au lait quelques fois, ronchon de temps en temps, il aura malgré tout réussi sa vie. 65 ans avec la même femme, 2 enfants, 6 petits-enfants et 8 arrières petits enfants. Je pense André qu'en ce jour du 30 décembre 2007, à 20 h00, tu avais le droit au repos éternel. Après une vie bien remplie de joies, de souffrances, de tristesse, mais malgé tout, nous espèrons de bonheur. Ta famille t'aime et ne t'oubliera jamais.

Au revoir, André.

Ce texte a été rédigé par ses enfants
Le 01/01/08
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# Posté le vendredi 04 janvier 2008 06:32

Aldebert - Amoureuse

Aldebert -
Amoureuse

Sur ton nuage à roulettes du soir au matin,
tu sembles traverser les portes.
Il n'y a guère que les moines tibétains,
pour planer de la sorte.
Si par miracle vos c½urs se soudent,
vous convolerez tout deux, tout doux direction Lourdes.
Tout est écrit tu l'aimes, il t'aime, c'est merveilleux,
dans l'évangile selon toi-même le ciel est bleu.

Quel est ce truc étrange qui la change en ange ?
Tombée du ciel et vaporeuse, mademoiselle est amoureuse.
Un ange passe et traverse les cieux,
un ange passe, je baisse les yeux.

T'as du mal à dormir, ton plafond s'illumine,
c'est pas facile de s'assoupir sous la chapelle Sixteen.
Si tu pouvais ne s'rait ce qu'une seule journée,
cesser d'écrire son prénom dans la buée.
Tu l'as pris de plein fouet comme on prend une bombe,
Dieu veut que ce qui naît sorte de ce qui tombe.

Quel est ce coup d'éclair qui la rend légère ?
Tombée du ciel et vaporeuse, mademoiselle est amoureuse.
Un ange passe et traverse les cieux,
un ange passe, je baisse les yeux.

(Tombées les fêtes, béton partout,)  pas sûr... !
Tu jettes l'amour par les fenêtres,
On aimerait se trouver dessous, juste ramasser les miettes.
Combien d'entre nous souhaiteraient rayonner d'avantage ?
Déambuler comme tu le fais, le visage dans les nuages... le visage dans les nuages.

Rrrr Oh !
Palapapampapala...

Quel est ce truc idiot, qui la rend marteau ?
Tombée du ciel est vaporeuse, mademoiselle est amoureuse.
Quel est ce phénomène, qui la change en reine ?
Tombée du ciel et vaporeuse, mademoiselle est amoureuse.
Un ange passe et traverse les cieux,
un ange passe, je baisse les yeux.
Un ange passe et traverse les cieux,
un ange passe, je baisse les yeux...
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# Posté le mercredi 24 octobre 2007 18:10